TRAUM
Film, tirages photographiques, installation, journaux, sculptures, spectacle de danse, conférence-performance
jeudi 1er janvier 2015, par
TRAUM inclut un film de court-métrage, des photographies tirées sur aluminium, une série d’impressions 3D, des documents d’archives (textes, photos, vidéos), un livre, la création d’un monde virtuel, et, une performance.
Cette fiction rétro-futuriste met en scène Yevgeni, opérateur de lancement d’astronef atteint de narcolepsie (trouble du sommeil chronique), et son ami cosmonaute, Vlad. Le premier a provoqué, lors d’une crise de sommeil, l’accident mortel d’une navette habitée par le second. Yevgéni devient hanté par le souvenir traumatique de cette mort et fait l’expérience de plusieurs dépersonnalisations, transformations imaginaires ou vécues, qui le mènent à sa mutation en un double féminin, Jenia. D’un autre côté, Vlad, le cosmonaute mort dans l’espace, revient hanter son ami sous forme d’un drone, avant d’être catastérisé (transformé en constellation).
Exploration fictionelle et scientifique du “cas Y” comme dissection psychologique, l’installation érige le personnage de Yevguéni en “patient-zéro” d’un nouveau symptôme. Le cas Y - ou comment un drame spatial, vu du ciel, interroge notre rapport au présent. Le projet s’achève avec la performance TRAUM (Le paradoxe de V.) autour du destin du personnage de Vlad, concentré sur l’instant de sa mort, étendant le projet dans le domaine chorégraphique.
Brouillant les lignes de partages entre réalité et fiction, le projet décline une iconographie vivante de ces métamorphoses. Influencé par les recherches de la philosophe Catherine Malabou, le film repose sur le concept de « plasticité destructrice » : un phénomène de changement ou de destruction d’identité qui peut survenir en conséquence de graves traumatismes. Il s’agit, dans TRAUM, d’explorer les conséquences plastiques, psychiques, physiques, oniriques du trauma.
SMITH prolonge une réflexion sur la plasticité identitaire et le trouble dans la relation à l’autre. Le plasticien développe une poétique para-scientifique qui éprouve la porosité de la frontière entre imaginaire et rationalité. La question de la métamorphose de soi, centrale dans son travail, est ici abordée sous l’angle de la plasticité destructrice.
Florian Gaîté