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Spectrographies
Projet transdisciplinaire
mardi 2 août 2011, par
Le projet Spectrographies (2010-2014) se compose d’une installation-dispositif réalisée au Fresnoy en 2012 (Cellulairement), mais aussi d’un film éponyme et d’une série de photographies. A travers ces œuvres, Smith réhabilite la notion de spectralité : les fantômes hantent désormais les pixels de nos écrans et de nos objets électroniques.
Dans un premier temps et souhaitant éprouver physiquement un phénomène de hantise, Smith simule, à l’aide de puces implantées sous sa peau, la palpitation invisible d’une altérité : il s’agit de l’installation Cellulairement, conçue en 2012.
L’envoûtement repose sur l’implantation, dans le creux du bras de Smith, d’une puce électronique qui reçoit en temps réel le “photome” - contraction étymologique de phántasma (« apparition, spectre » en grec) et photon, le quantum d’énergie électromagnétique - des visiteurs traversant l’espace d’installation.
A l’instant même de sa réception, chaque “photome” se manifeste à travers un vêtement qui diffuse sur la peau de Smith, la chaleur précise de chacun des visiteurs présents. Ce projet explore la possibilité d’un démantèlement des liens entre identité, subjectivité et corps. Il s’agit de défaire le corps de ses assignations en se faisant un corps-autre, un corps-hôte étoilant vers une infinité d’autres possibles, d’autres chaleurs, d’autres identités.
Le film et les photographies Spectrographies constituent un agrégat de pensées, de références, d’archives, d’entretiens, de promenades, de musiques, qui gravite autour de la recherche du lien qui unit les télé-technologies de l’intime (skype, SMS…), les histoires d’amour et les fantômes.
Construit à la manière d’un « work in progress », à la frontière de la fiction, sans scénario, autour des implications philosophiques et techno-télé-discursives de cette création, cet objet filmique utilise à la fois des extraits de plusieurs films réalisés par d’autres cinéastes qui se mêlent à des séquences documentaires – entretiens avec des individus concernés par le concept de spectres, et enfin, à des séquences fictives – dont une partie est tournée en caméra thermique.
Spectrographies tente ainsi d’interroger la figure du spectre, non seulement en tant que sujet, mais aussi à travers l’utilisation faite de son médium, « cet élément même qui n’est ni vivant ni mort, ni présent ni absent, qui spectralise » : le film.