Löyly
Séries de photographies
jeudi 2 août 2007, par
Depuis l’enfance, Smith photographie compulsivement ses proches, les lieux traversés, les animaux rencontrés, les arbres admirés.
En 2009, c’est lors d’un voyage en Finlande, à la suite de l’expérience de la nuit polaire (kaamos) et des saunas finnois, que débute la série raisonnée Löyly.
Löyly désigne la grande quantité de vapeur humide résultant de la transformation immédiate de l’eau en gaz dans les saunas. A l’origine, ce mot signifie « esprit », souffle, âme ou fantôme.
Réunissant des photographies de toute sorte (portraits, paysages, animaux, natures mortes) capturées depuis l’adolescence, cette série compose le portrait d’une famille imaginaire que l’on qualifierait aujourd’hui de non-binaire, impossible à assigner à un genre, à une origine, à une géographie, à une culture.
À cette époque (2000-2012), il n’existait que peu de représentations de ces corps, sinon caricaturales, et essentiellement issues d’artistes n’étant pas eux-mêmes concernés.
Aussi, la grammaire visuelle de Löyly est mélancolique, vaporeuse, trouble.
Portraits et paysages sont liés par un effet de sfumato, c’est-à-dire de contours atténués, comme flous. Les couleurs, diffuses et diaphanes, semblent contenues par des voiles. Dès lors, la mélancolie des portraits trouve un écho esthétique dans les paysages et natures mortes qui entrent en conversation avec eux, entourés des particules suspendues du löyly finlandais.
Travail autobiographique sans aucun autoportrait, une image hante l’autre : l’infini du paysage et le “fini” du corps ; la confrontation de constructions imposantes et de bâtiments en lambeaux. Dans ces séries, les paysages viennent toujours dire quelque chose des corps qui sont montrés autour, traversés par eux - ou inversement.