Désidération
Photographies, éditions, installation, design, architecture, performances, podcasts, tapisserie, vidéos, conférences
mercredi 2 août 2017, par
Désidération est un projet initié par SMITH avec l’écrivain Lucien Raphmaj, le studio d’architecture et de design, Diplomates et l’astrophysicien Jean-Philippe Uzan. C’est un mot inventé, qui se forge sur l’étymologie du mot « désir » – construit sur la négation du terme latin sideris, signifiant constellation, astre ou étoile. De ce mot découle desiderium qui signifie à la fois « regret » et « désir », impliquant que ce que l’on désire est perdu, manquant. L’étymologie traduit alors desideratio, desiderium comme la nostalgie d’une étoile, le regret d’un astre perdu, le manque douloureux d’un objet céleste disparu. Ainsi, le symptôme de désidération décrit une humanité désidérée, souffrant de l’absence de sidération, c’est-à-dire de lien organique avec les étoiles.
La “Désidération” a d’abord fait l’objet de conférences théoriques, de journaux photographiques et littéraires comme autant d’auto-diagnostics, de films de fiction, de documentaires, de performances, de discours et de perspectives multiples. Elle s’est élaborée sous la forme d’une mythologie, inventant peu à peu ses formes et ses modes d’intervention.
Elle passe par des fictions et des personnages : Radio Levania (interprétée par Nadège Piton) et Anamanda Sîn (interprétée par François Chaignaud), les premières figures pour médiatiser le rapport perdu aux étoiles et le besoin d’y remédier.
Avec les stellatniks, compagnons désidérés issus de divers champs disciplinaires, des séances oniriques collectives sont organisées, reprenant les techniques de rituels au service d’une réflexion philosophique, poétique, artistique, scientifique, où chacun des stellatniks proposent leur appréhension de la désidération.
Dans cette constellation d’images, de voix, d’histoires où se confondent le réel et l’imaginaire, la fiction et l’archive, SMITH et les stellatniks créent une zone à rêver pour hybrider le ciel étoilé en nous et le rendre à nouveau visible. Explorant la porosité des pratiques, Désidération propose une autre mythologie du spatial.