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Se lever comme le jour : les portraits de SMITH"

07.2017 - Emilie Chaudet - France Culture - France

Où il sera question d'un corps indéfinissable, de sang chaud et de sang froid, d'une nouvelle assemblée, d'un référendum catalan, d'un étranger sur la Terre, et de sondages performatifs.

Ce sont des corps en formation. Et en attendant ils se fondent à ce qu’ils trouvent autour d’eux. Prennent ce qu’il y a à prendre, pour grandir, s’accrocher et avancer. Ils savent qu’ils peuvent prendre la forme qu’ils veulent. Ils savent aussi que leur corps, leur visages, leurs expressions, leur cheveux sont polymorphes. Qu’ils constituent de bonnes armures pour la suite. Ils sont sûrs de leur image parce qu’ils ont abandonné l’idée de la maîtriser. Elle change de toute façon, avec le paysage. C’est une peau qui prend la couleur laiteuse de l’eau savonneuse. Un corps à moitié immergé dans la baignoire.
Seuls les reliefs du visage en sortent encore. Les yeux sont fermés. Les visages sont à la limite de tout. De leur identité y compris. On ne sait pas à qui ces traits peuvent appartenir. On ne sait définir un sexe. Ils sont la et ils avancent masqués. Derrière un brouillard, une légère fumée. Un voile dans leur regard qui le rend plus clair. Ce sont des corps absents. Qui essaient de trouver une raison d’être à eux même. Sur ces portraits, il n’y a pas de place pour le regard de l’autre. On doit se livrer à une bataille silencieuse pour les voir enfin s’offrir enfin à nous ces visages. Il faut voir plus loin. Passer comme une barrière. De la lumière éteinte ou du brouillard. y a un autre visage, dont on ne saurait dire si c’est c est un homme ou d’une femme. Un visage plongé dans le noir d’un contre jour. Et des cheveux clairs en bataille. Des mèches de cheveux qui se confondent aux volutes de fumées qui s’échappent de ses lèvres. Un masque parfait. L’anonymat complet, fait de cheveux qui tombent sur le visage, et de fumée de cigarette. Ce sont des visages indécis, indéfini, comme non achevé sur leur chemin, d’eau de brouillard, de nuit et de fumées Des portraits de SMITH, que l’on peut voir en ce moment dans le cadre du festival Portrait(s), à Vichy. Hear us marching up slowly. Un appel à entendre des pas, lents, doux, silencieux. Des corps qui avancent lentement silencieusement. Une marche douce et nocturne. Des regards de fin de nuit. De fin de fête. Un visage défait, beau dans son indéfinition. Beau dans sa perdition. Aucun regard sur ce visage, juste le demi-sourire que l’on imagine d’un homme, d’une femme qui veut retenir encore la nuit, qui refuse comme dans l’enfance, d’aller dormir.

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