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SMITH, l’artiste perché qui s’expose au Mac/Val

05.2026 - Julien Bécoufg - Trois Couleurs - France

Il y a une dizaine d’années, le mystérieux SMITH a fait une entrée fracassante sur la scène artistique. Le Mac/Val (Vitry-sur-Seine) lui offre sa première rétrospective.
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Ses Spectrographies, où l’artiste filmait ses proches en caméra thermique, l’ont révélé en 2015. Aussi timide dans la vie qu’il brille de mille feux dans son art, SMITH s’est pris au jeu d’une existence vécue comme une performance continue, en lien avec les astres (en 2019, il s’est fait implanter sous la peau une capsule contenant des résidus d’une météorite) comme avec les mutations du corps (le sien, non binaire) et les états de conscience modifiés (Alléluia, l’ayahuasca  !).

Vous avez dit high  ? Plus que ça, même  : tout en haut, dans l’espace où plane son corps astral. Alternant photographie, installation et performance, SMITH travaille autour de zones interstitielles où toute mutation est non seulement plausible, mais concrètement mise en pratique. Les formes glissent, les identités se déplacent, les corps se transforment, la perception change de régime. Entre alchimie et autofiction, science et philosophie, l’œuvre de SMITH prône autant la porosité que la fluidité. Son projet  : l’édification d’une réalité – augmentée  ? alternative  ? dissociée  ? – où l’art, le rêve et la vie s’entrelacent et se confondent  ; un univers parallèle où tout se transforme et se renverse, avec une rigueur toute (neuro) scientifique.

L’empreinte laissée, sans doute, de son passage au Fresnoy, la fameuse école d’art embrassant le cinéma et les technologies dernier cri. De cette imbrication de médiums résultent deux courts métrages  : TRAUM (2015) et Les Apocalyptiques (2019), visibles dans l’exposition. Et chaque premier dimanche du mois, le programme Désidération(s) esquissera une cartographie mentale, annoncée comme «  une constellation-chorale qui explore les liens désunis entre notre humanité contemporaine et le cosmos  ». Ne vous attendez pas à admirer un ensemble d’œuvres disposées côte à côte, mais plutôt à pénétrer dans un organisme en mouvement, un work in progress qui s’étoffera au fil des performances, interférences et transes. Un espace grand ouvert qui échappe au productivisme, comme un livre qui s’écrit ici et maintenant avec la matière du monde et ses démons.

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