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Rencontres d’Arles 2021 : 7 expositions de photographie à découvrir absolument
07.2021 - Matthieu Jacquet - Numero 12 / Art et Design - France
Numéro propose sa sélection de sept expositions à ne pas manquer aux Rencontres d'Arles, entre focus sur les masculinités ou la nouvelle garde photographie de mode afro-américaine, rétrospectives consacrée à des figures historiques telles que Sabine Weiss et Charlotte Perriand ou encore propositions originales de photographes contemporains, à l’instar de SMITH et Pieter Hugo.
SMITH : une odyssée immersive aux portes de l’intime et de l’infini
Sur la photographie choisie pour l’affiche des Rencontres d’Arles cette année, un individu torse nu se tient debout dans un paysage dépouillé, le visage levé vers le soleil. La lumière éblouissante et l’atmosphère brumeuse installent d’emblée la scène dans un cadre surnaturel : est-il dans des contrées reculées de la Sibérie, au milieu de gisements de soufre de Scandinavie ou encore à la surface de la Lune ? L’image charrie son lot de mystère… autant que l’exposition personnelle de l’auteur de cette photographie : SMITH. Celui-ci invite les festivaliers au premier étage du Monoprix arlésien dans une installation déroutante. Dans cet espace bétonné, des structures métalliques orthogonales habillent l’espace de leurs néons blancs glaciaux ou encadrent des tirages grand format auxquelles le visiteur se confronte physiquement. Fasciné aussi bien par la psychanalyse que l’astrophysique, le photographe et vidéaste français utilise depuis des années la prise de vue pour capturer les états limites de l’être humain : entre masculin et féminin, entre le vivant et le fantôme, entre l’échelle intime de nos vies personnelles et l’immensité infinie de l’espace. Dans sa proposition polycéphale intitulée “Désidération”, où SMITH invite plusieurs artistes à ses côtés, l’habile scénographie imaginée par le studio Diplomates provoque une déambulation rythmée par une bande sonore obsédante du compositeur Gaspar Claus et par les spectres de ses clichés, tantôt figés au mur sur des plaques d’aluminium, tantôt fragmentés sur les cloisons obliques. On y découvre des femmes et hommes esseulés, perdus dans l’immensité d’une nature méconnaissable à force d’être diluée dans des nuances de couleurs dénaturées. On y croise encore une ombre de chien ou un visage de chat, ainsi que des clichés qui rappellent ses Spectrographies, photographies et vidéos violacées capturées à la caméra thermique. Depuis le jour où l’artiste a touché un fragment de météorite, il s’est pris de passion pour le monde spatial, son iconographie, les légendes et multiples récits. Ici, un personnage fictif émerge : Anamanda Sîn, une jeune femme habitée par le désir de s’envoler dans l’espace, qui devient le fil rouge de cette proposition immersive et élève jusqu’au cosmos ces images habitées.