FILM

In Somnis (Cosmic Junkies)

Court-métrage, 2016


Image Title
réalisé par SMITH sur une invitation de Leica Camera France

Le duo SMITH et Lucien Raphmaj. ancre le film-poème In Somnis (Cosmic Junkies) dans Arles, cité de la photographie, au cœur de la semaine d’ouverture des Rencontres : on parcourt une ville-sommeil, guidé par l’errance et les pensées sous-titrées d’un personnage qu’un mystérieux virus épargne. Les moustiques, bien connus des camarguais, piquent et affectent de manière intense ceux dont les capacités à voir ont été entraînées. Le virus se manifeste par un état de somnambulisme.

#Somnambulisme #Nuit #Pandémie #Virus #Apocalypse #Transe #Errance

Depuis 2012, SMITH collabore intensément avec l’écrivain Lucien Raphmaj, avec qui fut imaginé ce conte stellaire : In Somnis.
Arles, cité antique où les moustiques sont redoutables. Nuit de juillet d’une année lointaine, indéfinie, où les visages s’autorisent, dans les rues, à être nus.

Piqués par un insecte au chant bruyant et aux ailes irisées, les habitants de la ville semblent victimes d’une maladie du sommeil généralisée. Les yeux clos, somnambules improvisés, ces derniers déambulent dans les rues et les ruines de la ville endormie, contant leurs rêves, se remémorant des chants oubliés, dessinant une cartographie nocturne de la ville d’Arles. Cet étrange virus du sommeil a été transmis par des créatures semblables à des moustiques mais qui sont peut-être des hybrides venus d’ailleurs. Cette fiction filmée raconte l’histoire de cette épidémie et de cette mutation / métamorphose.

Au milieu des centaines de somnambules, un seul personnage demeure éveillé : le premier piqué, le Patient Zéro. Puis on parcourt la ville dans la vue flottante des constellations de moustiques qui l’occupent et continuent à transmettre le virus de la mutation stellaire : stellae morbo. Cette dernière se manifeste par un état de somnambulisme particulier, puisque le sujet avance les yeux clos, comme toujours endormi. Le comportement est erratique mais le subconscient assure un repérage à travers les obstacles.

Le virus décuple les perceptions, ce qui amène un état problématique : d’une part une parole plurielle se fait jour chez les patients, fragments de textes, voix du monde, voix d’autres temps, rêvovision où parler ce n’est plus voir, les parcourent en silence tandis qu’ils déambulent, coupés de toute vision. D’autre part, la mutation ouvre progressivement à la perception des champs magnétiques des planètes / rayonnements cosmiques, jusqu’à ce que ce le sujet ne puisse plus le supporter, entraînant catalepsie et catatonie.

Les sujets, suspendus entre deux mondes, la présence et l’absence à soi, la veille et le sommeil, la maladie et la santé, cherchent quelque chose qui ne vient pas, une substance impossible, une rencontre catastrophique qui n’arrivera pas. Ces corps désastrés cherchent sans l’atteindre leur élément stellaire. Leur manque est infini, leur nostalgie est une pulsion d’ailleurs qui ne peut être comblée. Les contaminés, paupières closes, errent à la recherche de ce signal impossible à capter sur terre, jusqu’à se pétrifier.



Crédits

Équipe artistique et technique
Image et montage de SMITH
Écrit avec Lucien Raphmaj
Musique de Victoria Lukas
avec Matthieu Barbin & les visiteurs des Rencontres d’Arles.
À propos
Court-métrage de 25 min tourné en une nuit lors des Rencontres d’Arles, sur une invitation de Leica Camera France.